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Land Rover 109 SIII 6 cylindres

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Le 109 Serie III 6 cylindres

L’anti Toyota !

Apparu en 1958, les Land Rover Serie II prennent la relève après 10 ans de Serie I. Si la philosophie de la grande maison Anglaise reste similaire, il faudra non seulement s’adapter à la demande de la clientèle, mais répondre à l’envahisseur nippon dénommé Toyota. Si comme toujours dans cette histoire, les chiffres officiels Land Rover viennent à manquer, on sait que les 109 équipés du bloc essence 6 cylindres ne furent pas légions. Ces modèles illustrent parfaitement les premières tentatives de British Leyland qui devait créer pour survivre, parfois sur base d’organe Rover. 

Vous n’êtes pas le seul à connaître cette passion dévorante. Le succès du regretté Landmania, du nouveau Land Auvergne et celui du fameux Land Legend organisé par Allmakes, démontre bien que la magie Land Rover fonctionne toujours malgré le rachat par la société Tata du dernier constructeur automobile Anglais.

Si Land Rover reste un cas unique en ne construisant depuis 1948 que des 4x4, les choses changent avec l’arrivée de l’Evoque. Le “Baby Range“ tel qu’on le surnomme déjà sera le premier Land proposé en 2 roues motrices (sauf de rares exceptions du passé). Alors que cela justifie que les dingues de la marque crient …Aux loups… Comme lorsque l’électronique a fait son entrée sous les capots aluminium, cela provoque aussi une montée en puissance des clubs et rassemblements dédiés aux valeurs sûres ; Les bons vieux Serie’s. Leurs côtes d’amour chez les collectionneurs ne fait que croître, les “vrais“ Land ça se bichonne aujourd’hui.  

Mais comment savoir si l’on fait partie de ceux qui ne se sont pas trompés ? Lorsque vous roulez à bord de votre Land ; Vous avez mal dans le dos ? Vous avez le pied droit tordu et en feu ? Vous avez mal au coude gauche (parfois le droit) ? Une forte odeur d’huile et de liquide de refroidissement parfume l’habitacle ? Vous devez prendre de l’élan pour doubler les camions sur l’autoroute ?…Vous êtes bien à bord de l’une des fabuleuses productions issues de l’usine de Load Lane, un must comme on en verra plus, capable de vous trimbaler à coup sûr autour de la planète par les chemins de traverses, non sans quelques arrêts boîte à outils, il faut le savoir. Mais croyez en notre expérience, un Serie’s vous ramène toujours à la maison…Question de temps !

 

1966, année 6 cylindres…

Si notre 109 Serie III du jour est né, c’est aussi une question d’époque…Et d’autoroute. En effet, c’est en 1959 que l’Angleterre inaugure sa première “Highway“ (M1), qui relie encore aujourd’hui Birmingham à Londres. Cette une petite révolution oubliée à l’heure de nos doubles trois voies actuelles, fut à l’origine du développement de ce Land 6 cylindres. En effet, c’était le début d’une autre façon de conduire (plus vite et dans le confort), loin du charme des petits lacets des routes de campagnes des Midlands. Le progrès était en marche et l’envahisseur Toyota aussi, aux États-Unis comme bientôt en Europe avec ses FJ 45 puis 55 Land Cruiser équipés d’un 6 cylindres (essence).

C’est en 1966 que la réponse de British Leyland arrive en concession alors que l’on se félicite du 500 000e Land sorti des chaînes de montage de Solihull. Le 109 Serie IIA reçoit le bloc 6 cylindres 2,6 litres de la berline Rover 100 arrêté en 1964. Si chez Land Rover on travaillait déjà sur le 3,5 litres V8 GM du futur Range, aucunes boîtes de vitesses de Serie’s n’aurait supporté la puissance du bloc Américain. Le 109 six cylindres fut donc comme bien souvent dans l’histoire de la marque une solution pensée dans l’urgence, un “dépannage commercial“ qui allait durer.

En effet, avec 84 ch, soit 6 ch de plus que le classique 2,25 litres essence 4 cylindres traditionnel, les performances avaient de quoi décevoir. Si sur la fameuse M1, ce Land Rover atteignait, vent dans le dos et en une minute, le mur des 70 mph (soit 112, 63 km/h), il affichait allégrement un optimiste 90 mph sur son compteur Smith ! Face à ces performances inédites, le 109 reçoit un équipement digne d’une “sportive“ ; Ceintures de sécurité, embrayage de diamètre plus conséquent, klaxon plus “sonore“, joints de portes modifiés (afin d’entendre le klaxon à coup sûr…) et tenez vous bien…Un servo frein assisté !

Bon, ces arguments ont tout pour remplir une brochure alléchante destinée aux concessionnaires, mais avouons-le, ce bloc 6 cylindres essence semi-culbuté faisait déjà partie du passé, mais la crise économique faisait rage en Angleterre… À haut régime, consommant pratiquement autant que le futur V8 du Range (entre 13 et 18 litres), ce bloc fut certainement celui qui eut le plus mauvais rendement de l’histoire des Land… Nous confie un spécialiste Land.

Malgré cela, on trouve dans les annales de la marque la version NADA ( North Américan Dollar Area) du 6 cylindres. Celui-ci bénéficiait de réglages communs avec la berline Rover 110 pour pratiquement 125 ch (consommation encore en hausse) et d’un différentiel arrière à glissement limité. Les 811 exemplaires produit qu’on retrouve dans les archives prouvent que le succès ne fut pas au rendez-vous outre Atlantique.

 

La carrière de ce 109 équipé du 2,6 litres continue pourtant avec la version utilitaire “One Ton“. Il survit même (en option), lorsque le Serie IIA se fait Serie III à partir de 1971 et ce jusqu’en 1975 pour le marché intérieur Anglais (il continuera sa carrière en CKD sur certains marchés étrangers, en particulier militaires). L’exemplaire que nous avons sous les yeux aujourd’hui fait partie de cette dernière génération.

 

Le 6 cylindres est avancé…

 L’un de nos clients passionnés trouve pour un ami une des belles occasions dont il a le secret ; Un 109 six cylindres de 1974. Complet d’origine et en état correct, celui-ci passe alors de l’atelier de peinture à celui du sellier, séjournant ensuite dans l’atelier mécanique. Quelques mois après la livraison de ce collector comme neuf, l’heureux propriétaire revient et annonce à son copain… Ma femme n’en peut plus, c’est trop rustique, elle veut un Range Rover plus confortable…

La tentation est trop forte. Ce rarissime Serie III ne repartira plus! Le mari de Madame a acheté un Range classique plus moderne pour notre plus grand bonheur, puisqu’aujourd’hui c’est nous qui sommes au volant de ce 109 Station Wagon.

 

 

Un couple fabuleux…L’atout

 

Partir en balade aux commandes d’un Serie III c’est toujours comme un retour aux sources de l’automobile. L’aventure semble tapie au coin du prochain virage et si l’on sait que tenir sa droite sera de rigueur, qu’importe, le rythme de la vie passe les courtes, nous aussi, il faut prendre le temps. Pour les habitués des Serie’s que nous sommes, retrouver le volant 3 branches à fine section, le levier de vitesses éprit de liberté, le pédalier de tracteur et l’assise à l’équerre a tout de familier. Ce 109 sans direction assistée se dirige fermement et trace son bonhomme de chemin comme depuis 26 ans. S’il fut certainement le mal-aimé des Land dans nos contrées en pleine crise pétrolière, un petit coup de gaz du pied droit permet de faire la différence vis à vis de ses congénères à 4 cylindres bien plus répandus. Deux cylindres en plus ça se sent tout de même, les reprises sont plus franches et l’on enroule plus facilement en 3e dans les enchaînements de virages en montées.

Mais, la vraie différence apparaît lorsque l’on passe en 4e. Là, comme par magie, si le couple de 17,7 m.Kg  reste proche sur le papier de celui du 2,25 litres (17,1 m.kg), celui du six cylindres se trouve 1 000 tours plus bas (à 1 500 tr/mn au lieu de 2 500 tr/mn). Voilà comment profiter au mieux de l’atout majeur de ce Serie III. Tout sur le couple !

Après avoir testé qu’il passait le mur du 100 km/h comme à ses débuts, il était temps d’aller lui dérouiller les lames loin des limitations de vitesse qui ne font certainement pas partie des préoccupations de ses propriétaires. Là, telles toutes des générations de Land Rover, il reste impérial. Châssis long et tenue de cap s’accordent parfaitement, bosses et trous sont avalés sans hésitations tout en restant ferme. Il est nécessaire de rester dans la limite raisonnable de ses débattements et de s’accrocher au volant…Le skaï ça glisse. Arrivé à mi-parcours, nous réalisons que si nous avions bien engagé le pont avant (Levier jaune enfoncé. C’est comme le vélo ça ne s’oublie pas), nous n’avions pas eu recourt aux vitesses courtes. En première longue, avec tant de couple sous le pied, pas besoin de démultiplication plus réduite. Celle-ci restera donc réservée aux manœuvres plus trialisantes ou avec remorque.

 

En oubliant une consommation peu en rapport avec la puissance développé, ce 109 six cylindres n’est donc pas dénué de charme, c’est un vrai Land avec ses différences entrées dans la légende. Si en son temps, il fut loin d’endiguer la déferlante Toyota comme l’espéraient les dirigeants de Land Rover, il fait partie du patrimoine commun à tous les passionnés de Land de la planète.

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