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Jeep Wrangler JL 2,0L Turbo Rallye raid Dakar

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Une Wrangler JL Rubicon... pour le Dakar !

Cela faisait des lustres que l’on n’avait pas vu une Jeep au départ d’un rallye africain et d’un Dakar. Alors pas question de passer de cette magnifique Wrangler JL 2,0L ! Elle fut préparée en Espagne pour réaliser le rêve de son propriétaire Jordi Queralto... Participer au Dakar 2020. Il avait choisi le nec plus ultra avec une version Rubicon qu’il a confié au préparateur José Luis Tan le patron de Tallers Vilanova. Résultat ? Un magnifique Jeep pout tailler la piste et surfer sur les dunes.

 

Pour Jordi Queralto, qui fait dans le business du bâtiment en Espagne, depuis des années la tradition du week end passe par la combinaison et le casque de pilote. En effet, jusqu’à maintenant sa passion fut bien de piloter sur asphalte de belle monture en WRC dans la regrettée catégorie groupe N et y jouer de la trajectoire comme ses idoles Carlos Sainz et Nani Roma, tous deux véritables dieux espagnols du motorsport. Si Nani vient du monde de la moto, Carlos a fait une carrière exceptionnelle sur 4 roues. Nos deux as Ibères on en commun l’une des couronnes parmis les plus prestigieuses ; Celle du Dakar.

Aussi, il y a quelques années, Jordi s’est mis en tête de suivre leurs traces et d’aller tâter du sable et manger de la poussière...Pour le plaisir avant tout. Il sera copiloté dans cette nouvelle aventure par sa compagne Petra Zemankova, Tchèque d’origine, elle était venue en Espagne pour apprendre l’Espagnol. Mais elle n’est jamais repartie...

Jordi cherche évidemment la monture idéale pour se lancer. Il ne souhaite pas y laisser son compte en banque en acquérant l’un des monstres actuels qui forment le peloton de tête sur les Rallye raid. Il choisit bien sûr une Jeep, cette marque de 4x4 qu’il aime depuis de sa jeunesse et qui offre encore un châssis court, des ponts et des blocages de différentiels. Il confie ainsi une magnifique Wrangler JL 2,0L turbo essence version Rubicon flambante neuve à José Luis Tan le patron de Tallers Vilanova, préparateur reconnu situé à Alcoletge entre Saragosse et Barcelone.

Cette Jeep d’aujourd’hui aura donc l’honneur de perpétuer la légende de Jeep sur le célèbre Dakar. Une saga qui ne fut jamais récompensée par des lauriers, mais Jeep fut bien au rendez-vous de l’aventure africaine et quelques chapitres héroïques en firent la preuve.  On ne peut que se souvenir que ce sont les filles qui ont ouvert la voie lorsqu’en 1980 Corinne Koppenhague et Marie-Françoise Placq s’élancent vers Dakar avec une Hotchkiss (n°97), sponsorisée par Midland (les célèbres CB) et bien évidemment les légendaires établissements Boucher. Malgré une belle combativité, on imagine bien que l’Afrique aura raison de la Jeep  Française et par conséquent des filles, qui abandonnent sportivement parlant à Tessalit, à bout de force. Elles rejoindront tout de même Dakar hors-course.

Bien des tentatives à bord de Jeep auront lieu par la suite sur le rallye de Thierry Sabine. La plus célèbre Jeep dans la culture des Jeepers fut bien sûr lorsqu’en 1985 Jacky et Gérard Bourgin prennent le départ à bord d’une belle Jeep CJ7 Jaune Ranault (n° 239) arborant la DIAC comme sponsor principal. C’était la grande époque des Jeep by Renault. Ils n’étaient pas les seuls à faire confiance aux Jeep avec par exemple les Français Jean-Claude Cadi et Gilles Suire ou les Italiens Guido Signorini et Andréa Pacifico qui roulaient sur Cherokee Renault. Mais, si ce Dakar 1985 comptait 569 participants au Départ, bien peu atteindront la plage de Dakar. Qu’importe si Jeep n’est jamais monté sur le podium du Dakar. Elle n’est pas la seule marque à s’y être frottée sans succès...L’essentiel, c’était bien de tenter et de vivre cette aventure. La Jeep CJ jaune Renault fait bien partie  aujourd’hui de la légende du Dakar.

Préparation FIA/Dakar

Soyons franc, ce n’est pas une Wrangler version 2019 qui remportera le Dakar aujourd’hui. Face aux F1 du désert qui forment le peloton de tête, pas question d’imaginer faire d’un 4x4 stock actuel un T1 capable d’aller titiller les meilleurs. En revanche, jouer dans ce que l’on dénommait encore il y a peu les “T2“ (production amélioré) essence en “Open“ ou “Challenge énergie“ (carburant alternatif), peut permettre de se faire plaisir dans cette course dans la course, face à quelques autres furieux du Dakar ayant eux aussi fait le choix de cette alternative.

La tâche confiée à José Luis demandera quelques semaines de labeur. Transformer cette Wrangler JL en machine de rallye raid répondant au règlement FIA/Dakar n’est pas simple quand on sait ce qu’il faudra affronter dans le désert. Fin janvier 2019...Feu !  La course contre la montre débute.

En premier lieu José débarrasse la Jeep de son hard top, ainsi transformée en pick-up on pourra aisément développer un arceau de sécurité 6 points qui devra répondre aux normes FIA. Mais, avant cela l’ensemble de la Jeep est démonté et on y va joyeusement afin de renforcer châssis et points d’ancrage de la caisse.

Si l’on conserve (règlement “T2“ oblige) l’ensemble moteur et transmissions d’origine, les dimensions des freins d'origine qui ont été remplacés par des freins à disques ventilés/percés et plaquettes haute-performance importées directement des Etats-Unis, obligent à installer des jantes Braid Winrace en 17’ fabriquées sur mesure. Elles recevront des pneus Cooper en 255 / 75R17 STT Pro ou  ST Maxx selon la nature du terrain (cailloux ou sable).

Côté suspensions, ce sont des prototypes d’amortisseurs Profender qui sont installés. De grand diamètre avec bonbonnes séparées, c’est encore du sur mesures réalisé selon les spécifications de José Luis Tan. On tient compte de la nouvelle répartition du poids, en particulier sur l'essieu arrière, qui supportera plus d’effort avec le réservoir de carburant supplémentaire (150L) réalisé par l’Anglais Aero Tec Laboratories LTD. Ici, deux pompes à carburant activées de l'intérieur de la cabine permettront d’alimenter le moteur. Une rehausse de 2,5 pouces est obtenue grâce à des ressorts renforcés. On ajoute enfin des Bump Stops afin de préserver l’ensemble des suspensions lors des sauts.

José Luis fait le choix de supprimer la barre stabilisatrice arrière. Des protections en duralumin 8 mm protègeront la direction, le différentiel central et la boîte de transfert. Les différentiels avant et arrière seront protégés par une pièce en acier de 5 mm. Quant aux pare chocs avant et arrière, ils sont tous deux signés Tallers Vilanova  et aussi en aluminium de 5 mm. Ils ont pour avantage d’améliorer les angles d'entrée et de sortie de la Jeep JL, et avouons-le encore... ils sont plus esthétiques, ce qui ne gâche rien. Sur le pare-chocs avant, 4 phares à Leds longues portées sont installés. A l’arrière, dans ce qui fait office de benne on trouve désormais compresseur d'air Extreme Air, extincteur standard OMP FIA, les 2 roues de secours sur un solide support et les indispensables plaques de sable Maxtrax, cric hydraulique, et pelle...Bien utiles lorsque le sabla vous joue des tours.

Dans l‘habitacle on s’installe des baquets Sparco Pro 2000 avec harnais auto-réglables 6 points GT2i. Du classique encore avec les vitrages en acryliques de course FIA. On découvre aussi l’armada électronique du navigateur avec l’ Iritrack (GPS officiel), un répétiteur de cap, 2 GPS UNIK II intégrant la fonction Sentinel  et son alerte sonore qui garantit la sécurité lors des dépassements afin d‘éviter les accidents.

 

Taillée pour l’Afrique et le désert

La première étape d’un rallye c’est toujours la course de la préparation. Le défi était grand pour José Luis puisque la Jeep devait être au départ du Morocco Desert challenge le 11 avril 2019 soit moins de 3 mois après le début de cette préparation. Ce grand rallye servira de test grandeur nature à son équipage et à son assistance. Le but ultime ? Le Dakar 2020.

Sur la grande place d’Agadir notre Wrangler JL vient de sortir des vérifications techniques. Acceptée haut la main, nous avons hâte d’aller effectuer les premiers tours de roues dans le sable.  Sortit du trafic agité de cette ville Marocaine, dès la première piste cette Wrangler s’avère bluffante. Les 270 ch du petit 2,0L turbo essence sont vraiment présent dès qu’on le demande et la transmission automatique à 8 rapports bien étagée associée aux 400 Nm de couple permettent de se concentrer sur le pilotage et la vigilance face aux pistes Marocaines réputées pour être piégeuses. Les robustes ponts Dana 44 encaissent, les suspensions demandent encore quelques réglages en détente, mais cette Jeep est vraiment volontaire et sont comportement véritablement sain face au relief. Lorsque quelques difficultés se présentent, verrouillage électronique des blocages, les systèmes éprouvés Rock-Trac et Tru-Lok entrent en action et l’on passe sans problème, sable mou, bosses et dunes... Bref, elle est prête pour le traitement de choc classique façon Afrique.

Si pour notre équipage formé par Jordi et Petra, le Morocco Desert Challenge 2019 était une simple séance d’essais grandeur nature en vue du Dakar 2020, le simple défi de départ d’aller au bout de ce premier rallye deviendra vite...Et si possible pas trop mal placé... Face au comportement efficace de la Wrangler. S’il faudra de longues nuits à l’assistance sur les étapes afin de régler de nombreux détails et surveiller les suspensions, la Jeep fera mieux que simplement passer la ligne d’arrivée. Elle se classera 27e sur les 50 voitures engagées de sa catégorie après 3 000 km de pistes au chrono. De bonne augure pour le Dakar 2020.

 

Pour Jordi, Petra, José Luis et son équipe d’assistance, le Dakar était le suprême défi, mais aussi le rêve de tous. Dès le départ de cette première édition du Dakar en Arabie Saoudite, la Jeep se comporte parfaitement comme elle l’a déjà fait quelques mois plus tôt. Bien sûr, pas question d’aller jouer en tête face à des Al Attiyah ou Peterhansel qui roulent parfois à 170 km/h dans le désert. Mais la Wrangler pointe chaque soir en meilleur position, 78e, puis 76e, puis 66 avant de commencer à connaître un problème de puissance. Celui-ci semblant résolu, Jordy et Petra reprennent le départ le lendemain après une nuit plus que courte. Mais, lors de la 6e étape alors qu’ils sont 61e au général, c’est la tuile. En effet, alors que la préparation par elle-même n’est pas en cause, c’est fée électronique qui a certainement mal supporté le traitement de choc imposé par les pistes sur ce Dakar. C’est donc sur un simple problème de transmission de données entre les modules électroniques qui mets fin à cette belle aventure qui semblait se présenter au mieux pour notre équipage. Sans prétentions, l’équipe s’était simplement établi un but, celui d’aller au bout de cette course légendaire qui se classe certainement en tête des compétitions comme Le Mans, aussi difficiles pour les mécaniques que pour les équipes.

Dommage, pour cette équipe Espagnole sympathique qui nous a permit de rouler à bord de la seule Jeep présente sur le Dakar depuis des lustres.

 

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