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Jeep + Dodge = “Spydermed“ 4x4

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Le “Yeti“ de l’Erg Chebbi

Découvrir le musée 4x4 de Merzouga au Maroc appartenant au Sheikh Hamad bin Hamdan al Nahyan, c'est étonnant. Au milieu de ces classiques qui ont fait l’histoire et qu’il collectionne avec passion depuis longtemps, on ne peut manquer d’apercevoir parfois le Yeti des dunes environnantes. Il ne s’agit pas ici d’une créature mi homme- mi dromadaire, mais bien de ce monstre mi Jeep- mi Dodge comme notre homme du désert en créé au gré de son inspiration du moment.

les interprétations du monde de l’automobile par son altesse ne se limitent pas à ses 4x4 à tailles maitrisées. Son goût prononcé pour les Américaines surmotorisées et le “Custom“ font qu’il s’est plusieurs fois lancé à construire des machines hors normes, sortes de gros jouet Tonka qui lui vaudront aussi le surnom de “Prince enfant“. L’erreur serait pourtant de croire que grâce à sa fortune il se permet toutes les folies. Certes, les moyens financiers ne sont pas un souci. Nous fûmes surpris, malgré cela, de l’attention qu’il porte au coût de ses soi-disant excès.

Lorsqu’il nous présente le monstre que vous découvrez ici, il est vrai qu’il a de quoi être impressionné par ce paquebot des sables. Hamad est cependant clair et sans complexes lorsqu’il fait l’addition des éléments principaux composants cette étrange monture. L’achat d’une Jeep Wrangler Sahara d’occasion est revenu à 5 000 € et la base américaine de Dodge Ram 3500 équipé du V8 Hemi 8 500 $ soit à peu près l’équivalent en Euros. Autrement dit, vous roulez peut-être à bord d’une auto qui vaut bien plus que les deux piliers de cette préparation.

Jeep-Dodge ou Ram-Wrangler ?

Pour Hamad, la suite n’est qu’un détail sachant qu’une équipe de 20 mécaniciens à plein temps travaille pour lui entre Rabat où il vit non loin de son autre musée Marocain et le Moyen- Orient ou se trouve l’essentiel de sa collection regroupée à Abu Dhabi. Avec environ 700 autos dans sa collection, 20 mécanos c’est presque un peu juste sachant que lorsqu’il décide de se lancer dans un nouveau projet...Il y a du pain sur la planche.

En ce qui concerne celui qu’il dénomme “SpyderMed“ pour Spyder et Méditerranée, le grand mécano commença par le démontage complet des deux véhicules donneurs. De la Jeep il conservera évidemment la carrosserie (caisse et portes), ses accessoires et l’habitacle cuir. Du Dodge, c’est l’ensemble mécanique, le châssis et les transmissions. Il faut maintenant réussir le puzzle en comptant sur les choix du patron.

 

Vous l’avez compris, côté mécanique on fera dans le Dodge version Power wagon équipé de son moteur 6,4L Hemi développant ici 450 ch pour un couple de 581 Nm à 4 000 tr/mn, associé à une boîte de vitesses automatique 6 rapports et transfert Borg et Warner. Sur ce châssis sans fin monté sur ses deux essieux suspendus par des ressorts hélicoïdaux et de simples amortiseurs Bilstein, l’installation de la caisse débute. C’est bien là le tour de force réalisé sur cet engin et tout son caractère. En effet la cabine de celui qui fut un Pick up est remplacée par la caisse de la Wrangler qui sera placée à l’arrière. Cela laisse évidemment pratiquement 2,5m entre le moteur V8 et le volant. Cet espace vacant sera désormais occupé par un simple coffre interne et l’ensemble sera couvert par un capot impressionnant par sa longueur.

L’ensemble de l’adaptation de la carrosserie de la Jeep fut réalisé à Rabat par l’équipe Marocaine d’Hamad. Des surdoués puisqu’ils arriveront à intégrer une partie des ailes, de la face avant, les pare chocs et les phares du Dodge à ce projet pharaonique. La caisse de la Wrangler reposant simplement sur le châssis, il a fallu ensuite harmoniser l’ensemble à grand renfort d’ailes, de bas de caisse et de marche pieds bien utiles car les bas de portes sur retrouvent à plus d’un mètre du sol une fois ce Yeti monté sur ses 4 pneus Good Year Wrangler MT/R en 42/ 14.5 x 17 assortis de jantes XD chromées comme de nombreux éléments de l’accastillage et de la calandre.

L’artisanat Marocain version mécanique est reconnu, on fignole en adaptant le circuit de freins, la direction, les mécanismes de commandes des boîtes et le poste de commande. Ici, la planche de bord du Dodge, le volant et son levier de vitesses automatique sont intégrés au tableau de bord de la Jeep. Sièges cuir siglés Sahara, capote et haut de portes en toile noire sur mesure installés, Le SpyderMed défrayait la chronique dès sa première apparition dans les rues de Rabat pour le plus grand bonheur d’Hamad qui testa avec parcimonie l’effet terrifiant du klaxon de locomotive (compresseur dédié), dont il dispose à main droite. Les autorités Marocaines autoriseront la circulation du SpyderMed sur leur territoire, mais interdiront par la suite à notre VIP Princier l’utilisation en ville de cette arme létale qui peut rendre sourd à courte distance.

Power wagon Jeep

C’est pourtant l’impression que l’on a lorsque l’on a réussi à accéder à la barre de ce qui a tout du hors-bord de luxe. Le contact est mis, le compte tours affiche 800 tr/mn, mais le 6,4L Hemi est si loin qu’on l’entend à peine. Le levier de vitesses au volant sur “D“ et comme par magie, le monstre roule. 100 m plus loin nous sommes déjà dans les dunes de l’Erg Chebbi et malgré ses 3,5 tonnes le SpyderMed grimpe partout semblant ignorer majestueusement le sable peu porteur. Le couple fabuleux de cette mécanique fait merveille et l’on est loin de s’imaginer avant de l’avoir pratiqué que ce reste avant tout un “Heavy truck“, soit capable de passer sans s’ensabler. Suivant les conseils d’Hamad qui sait mieux que nous lire le sable, passer des dunes est un jeu d’enfant tant notre Yeti casse les crêtes sous son poids sans se poser malgré son angle ventral peu engageant. Lorsque la pente devient plus raide, on peut évidemment compter sur la cavalerie du V8 pour venir à la rescousse et fournir l’inertie nécessaire.

Et si ça patine vite dans la semoule lorsque l’on gère mal son pied droit, les blocages Tru-Lock Dodge équipant les deux ponts entrent en action de façon efficace. Au pire des cas, Hamad garde toujours un atout majeur dans sa poche. En effet, le choix des pneus Good Year en 42’ n’est pas anodin, outre leur taille, leur structure en kevlar permet de rouler à très basse pression sans surchauffe interne. Notre Yeti, sa surface de contact au sol pratiquement doublée, disposerait alors d’une motricité hors du commun toujours grâce à son couple. Mais, nous n’irons pas jusque-là, ce Power-Wagon-Jeep a une réputation à défendre et nous ne serons pas les premiers à le planter au fond d’une cuvette. La prise en main du Yeti de Merzouga n’était pas un défi gagné d’avance, la réputation d’Action 4x4 était aussi en jeu.

Merci au Prince Hamad de nous avoir fait partager sa passion pour les vrais 4x4 complètement fous et ne manquez pas un arrêt au musée automobile local qui mérite d’être inscrit sur le roadbook de votre prochain raid. Si le SpyderMed n’est pas exposé parmis ses congénères lors de votre visite, sortez du musée, levez le nez vers la plus haute dune de l’Erg juste en face de vous. Il est certainement là-haut, le prince y a pour habitude de monter une grande tente et d’y accueillir ses hôtes durant quelques jours. L’invitation est lancée à tous ceux de nos lecteurs qui graviront cette montagne de sable en 4x4 (Ou a pieds), le thé à la menthe vous y attend, ainsi que le SpyderMed et son créateur. Il vous y parlera certainement du SpyderMed 2 en préparation...Un 8 roues motrices.

Publié dans: Essais 4x4 et SUV

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