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Land Rover 90 Camel Trophy collector

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Land Rover 90 Yellow submarine !

 

Vous preniez 52 baroudeurs sélectionnés parmis 60 000 inconditionnels de l’aventure, du voyage, du 4x4 et de l’esprit d’équipe, vous les colliez dans les jungles les plus inhospitalières à bord de Land Rover et vous obteniez une édition du Camel Trophy. Alors qu’à l’occasion les ex participants du “Camel“ se retrouvent toujours aussi soudés, les Land ayant eux aussi donnés naissance à cette légende se font rares. Nous avons retrouvé l’un des exemplaires qui réside en France. Un 90 diesel 2,5L atmosphérique de 1985, unique, puisqu’il participa et remporta l‘édition Australienne de 1986 avec à son bord le premier équipage “Trophyste“ Français. Si avec ce pédigrée nous ne sommes en présence d’un collector… 

L’idée même du Camel Trophy naquit lorsqu’à bord de 3 Jeep CJ des équipages d’aventuriers Allemands se lancent durant 11 jours à travers l’Amazonie sur 1 600 km entre Belem et Santarem. Médiatiquement, ce parcours du combattant est un vrai succès et la marque Camel ne manque pas de flairer le bon filon et s’associe avec Land Rover. C’était parti pour 20 ans de Camel Trophy qui s’imposera en quelques éditions d’anthologie comme une fantastique épopée reconnue et recherchée dans le monde entier… “Faire les sélections internationales du Camel“…C’est déjà un exploit face aux milliers de candidatures planétaires. En France, il y avait déjà les plongeurs de chez Cousteau, mais à partir de 1986 les Français entre en lice sur le Camel Trophy et les binômes hexagonaux élus feront désormais concurrence aux hommes poissons côté prestige.

Le premier de ces binômes marqua l’histoire du Camel Trophy puisque, sortis du lot parmis plus de 24 000 candidatures, ils font parti des 50 sélectionnés, puis des 6 nationaux retenus en vue des sélections internationales d’Eastnor Castle (Angleterre). Michel Courvallet  (Technicien en mécanique, Normand de 29 ans) et Jacques Mambré (Ingénieur TP de 42 ans,Marseillais), partiront et vaincront en Australie lors de la 7e édition de ce Camel Trophy qui tenait alors définitivement la dragée haute aux autres épreuves 4x4 lorsqu’on parlait aventure, y compris au non moins fameux Paris-Dakar !

C’est leur Land Rover 90 qui trône aujourd’hui devant nous. Outre qu’il a subit des galères d’anthologie durant cette édition de 1986, il est dans son jus d’époque ce qui en fait une pièce exceptionnelle. Alors que l’on est loin de la cote d’une Ferrari ancienne, dans le cœur des amateurs de Land d’exception, c’est un chapitre entier de l’histoire de la marque que nous avons là dans sa couleur Sandglow. Qu’importe la valeur vénale, c’est celle de la passion qui compte. C’est aussi l’illustration parfaite du passage du Land dans l’ère moderne puisqu’il est le premier modèle à ne plus compter de suspensions à lames de ressorts. Un véritable objet de collection.

Le Land du Camel passe à l’hélicoïdal !

C’est en 1980 que Land Rover décide d’abandonner les lames de ressorts au profit des ressorts hélicoïdaux qui furent une réussite sur le Range Rover né 10 ans plus tôt. La fin des Land 88 et 109 Pouces 3e du nom avait sonné, le 110 monté sur ressorts hélicoïdaux et équipé de frein à disques à l’avant faisait entrer le Land dans le monde moderne en 1983 au salon de Genève avec une certaine idée, très British (donc conservatrice), du confort et de la performance. Il faut se faire à l’idée, on restera collé à la portière du Land et sous le capot, le pauvre 4 cylindres 2,25L toujours de service (depuis 1958), doit rapidement tirer sa révérence au risque de faire vraiment ridicule face à la concurrence asiatique qui débarque en force avec ses blocs diesels modernes.

Le Land châssis court de 90 pouces (92,5 exactement), est présenté en 1984 avec le nouveau 4 cylindres 2,5L atmosphérique développant 67ch à 4000 tr/mn et son inséparable boîte LT 77 à 5 rapports. C’est ce Land Rover qui participa au Camel Trophy en 1985 à Bornéo et en 1986 en Australie. Il succédait aux vénérables 88 Série 3 et aux Range Rover des premières éditions. Il sera remplacé ensuite par les 110, puis viendra l’heure du Discovery et enfin du Freelander.

   

Lors de l’édition de 1985, lorsque le Camel Trophy du renoncer et être  évacué par hélicoptère du piège de la jungle, le petit Land si souvent malmené et  noyé y avait gagné le respect et bien sur un surnom…Yellow submarine…

35 ans l’icône !

Si pour le non initié il n’y aucune différence avec un Defender actuel (Nom des Land à partir de 1990), pour l’équipe de Génération 4x4 c’est une grande émotion de monter à bord de cet exemplaire miraculeusement conservé dans cet état. En effet, c’est celui qui a remporté l’édition Australienne du Camel Trophy. Incroyable que de constater qu’il est encore saupoudré de ce sable couleur rouge ocre embarqué lors de cette incroyable traversée de la province du Queensland (Nord-Est de l’Australie) sur 3 300 km, entre jungle, latérite et rivières à crocodiles.

Mais, ici c’est bien plus à un dromadaire que nous avons à faire. Pas d’énervement à bord ! Le démarrage en ce matin très “foggy“ (brouillard anglais), vous met directement dans l’ambiance. Le préchauffage demande un peu de patience, puis dès que le 4 cylindres s’éveille, c’est toute la caisse qui trésaille puis résonne de ce cliquetis agricole. Pour savoir si on peu passer une vitesse, il suffit d’un coup d’œil dans le rétro, si ça ne fume plus c’est que cet Oil Burner, comme dise les anglais, est à température.

Malgré ses 35 ans, ce châssis court reste vaillant face aux croisements de ponts imposés. S’il a l’âge de ses ressorts, il s’en sort avec les honneurs, tout en souplesse.  Il faut dire que son équipement fait aujourd’hui dans le light. En effet, on l’imagine bardé de jerricans, de caisses, de pelles, de pioches et de son équipage avec armes et bagages. Ce devait être une autre affaire que de le maîtriser sur du glissant, en devers ou sur les pistes rapides. Joueur du train arrière de réputation, on l’imagine ici plutôt tanguer avec sa galerie Brownchurch surchargée.

Avec seulement 67 ch sous la roue de secours avant, on avait certainement plus vite fait de compter sur l’imposant et aussi mythique treuil Warn 8274 monté à l’avant face aux obstacles de la jungle. Mais, si à Bornéo en 1985, il a fallu en partie renoncer, en Australie en 1986, les petits Land 90 mis à rude épreuve ont été à la hauteur face aux pentes à 45%, aux traversées de larges rivières, autant que lorsqu’ils étaient perdus dans la latérite lors des convois.

La dernière édition du Camel Trophy s’effectua à bord de bateaux pneumatiques dans le Pacifique. Ce qui aurait du être la glorieuse 20e édition fut un fiasco, l’épreuve avait perdu son âme aussi bien face à une conscience écologique naissance qu’elle fut victime des dommages collatéraux du combat contre les géants du tabac. Notre Land 90 est d’autant plus un vrai collector qu’il fut l’emblèmatique 4x4 des débuts de cette événement mécanique qui symbolisa durant deux décennies bien plus encore que le Paris Dakar…L’Aventure avec un grand “A“.

 

Mots clés : Defender 90, Land rover
Publié dans: News, Aventures 4x4

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